Dernier numéro

En Lituanie, l’anthropologie est héritière d’une situation politique constamment bouleversée jusqu’à l’accession à son indépendance en 1991. À la fin du XIXe siècle, la discipline participait de la tradition du Volkskunde. Au cours de la période soviétique, elle fut dominée par le matérialisme historique, puis avec l’indépendance elle se consacra à l’étude des « traditions populaires nationales » et au patrimoine. À l’université Vytautas Magnus (Kaunas), elle s’ouvre aux nouveaux champs de l’anthropologie socioculturelle.

Les articles de cette livraison sont consacrés en partie aux ambiguïtés et désaccords de mémoires liés au poids de la Shoah et aux traces laissées par l’occupation soviétique. La déportation dans les camps russes est vue sous l’angle de leurs manifestations matérielles et analysée à travers des présentations muséales parfois controversées, avec en toile de fond les souvenirs des acteurs de la « révolution chantante » qui conduisit à la chute du communisme. D’autres textes offrent une ethnographie des « dons » au sein de services publics ou du fonctionnement des réseaux transnationaux des émigrés.

Pour un pays qui ignorait jusqu’en 1990 l’anthropologie sociale et culturelle, ce numéro prouve que les travaux sur la Lituanie s’inscrivent désormais de plain-pied dans ce champ disciplinaire.

Lituanie

Lituanie

Une anthropologie face à l’Histoire

N° 170, 2018/2 - 192 pages

Varia

Comptes rendus

Pages 359 à 380