Les deux corps du malade du cancer. Politiques du cancer, témoignage et asymétrie des savoirs

Varia
Par Gilles Raveneau
Le développement de la biomédecine et son influence grandissante sont les éléments fondamentaux d’une nouvelle culture de soi qui place le corps au centre de ses préoccupations et qui transforme le sens donné au fait d’être malade du cancer. La médecine en vient à s’occuper non seulement des malades mais des bien-portants, développant un discours probabiliste du risque de cancer et augmentant de ce fait le nombre des personnes qui vivent avec la peur d’une tumeur maligne. Dans ces conditions, il devient difficile aux individus d’échapper à l’autorité biomédicale. Cette nouvelle approche, prise entre l’intime et le politique, produit deux conceptions du corps : l’une est sensible, attachée à un vécu du cancer à la première personne, celui d’un sujet souffrant ; l’autre est abstraite, liée à l’essor des technosciences dans le domaine biomédical et concerne le corps vivant instrumentalisé par la médecine. C’est ce dédoublement que cet article interroge en faisant l’hypothèse que l’articulation entre les deux corps est largement défaillante et passe par des formes d’ignorance réciproque.
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