Albanie

Renaissance d’une discipline
Albanie
N° 166, 2017/2 - 208 pages

À partir de la fin du XVIIIe siècle, le recul progressif de l’Empire ottoman notamment dans les territoires habités par les Albanais dans les Balkans et la création d’États nationaux (Grèce, Serbie, Roumanie, Bulgarie) ont deux conséquences majeures pour le développement de l’ethnologie albanaise : d’une part, l’idéologie nationale se diffuse dans les milieux intellectuels et incite certains écrivains et érudits à se lancer dans la collecte de « folklore » ; d’autre part les grandes lignes du mythe d’origine de la nation (autochtonie, descendance pélasgique ou illyrienne, résistance à l’envahisseur ottoman, etc.) se mettent en place.

Au lendemain de la prise de pouvoir par les communistes, à la fin de la Seconde Guerre mondiale, la discipline devient un instrument au service du parti : les ethnologues sont sollicités à la fois pour légitimer scientifiquement la vision de l’histoire de la nation portée par le parti et pour modeler la « culture populaire ».

Il faut attendre le début des années 2000 pour assister à une renaissance significative grâce au recrutement de jeunes chercheurs. C’est aux travaux de ceux-ci que cette livraison est consacrée. Développant un discours critique sur les pratiques et les résultats de la discipline au cours de la période communiste (enquêtes, archives photographiques), les auteurs analysent les phénomènes sociaux et économiques propres à l’Albanie comme les effets de la migration ou les conséquences de l’effondrement des systèmes d’épargne pyramidale. Ils s’emparent aussi de thèmes classiques : vendetta, pèlerinage, rites de la mort et du deuil, pratiques alimentaires, ou encore musiques urbaines, moins en tant qu’expressions d’une tradition intemporelle ou d’une culture nationale que comme révélateurs de processus contemporains qui affectent les institutions, la mémoire et l’existence quotidienne.

Pages 213 à 216

Témoignage d’un ethnologue aux temps du communisme

Par Mark Tirta, entretien réalisé à Tirana en novembre 2015 par Gilles de Rapper
Pages 229 à 240
Pages 253 à 262

La chanson de Korçë

Par Mikaela Minga, texte traduit de l’anglais par Sylvie Muller

Varia

Comptes rendus

Pages 359 à 365
Pages 366 à 380